Directeur : Joachim Trier
Réalisé en 2015. Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=1-Yw5clD4yU
Synopsis : Un père et ses deux fils vivent le deuil de la femme qui les unissaient tous et tentent de reconnecter, quatre ans après sa mort.
Vu dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma 2015.
Isabelle Reed (Isabelle Huppert) était une photographe
de guerre reconnue et acclamée. Avec son emploi exigeant énormément de
déplacements, le mélange entre la vie de famille et professionnelle était
difficile et source d’insécurité pour la femme active. Malgré tout, elle
arrivait à prendre une place significative dans la vie de chacun de ses « hommes »
et laisse, dans le seuil de son décès, une famille fracturée. À l’aube d’un
article et d’une exposition célébrant la vie et la carrière de son épouse, Gene
(Gabriel Byrne) tente maladroitement de reconnecté avec ses deux fils et leurs
vies qu’il perd de plus en plus de vue. À travers cette période difficile, le
scénario explore leurs vies et leurs rapports autant les uns aux autres qu’à
leurs souvenirs.
À travers les différentes perspectives, nous apprenons
à connaitre Isabelle, cette femme plus grande que nature et ses relations avec
ceux qui, il serait facile d’assumer, la connaissent le mieux. Gabriel Byrne
joue le père avec une grande dignité, mais qui n’hésite pas à baisser ses
défenses pour reconnecter avec son fils adolescent et sa maladresse bien
intentionnée attendri grandement un personnage qui aurait pu paraitre
autoritaire.
Son fils cadet est interprété par Devin Druid, qui
pousse parfois un peu trop loin son rôle d’adolescent introverti, mais termine
son arche avec une scène sensible qu’il aurait pu facilement faire rater. Dans
le rôle de l’ainé prodige qui termine son doctorat nous avons Jesse Eisenberg,
valeur sure dans la catégorie des verbomoteurs aux allures impeccables qui
dissimulent les insécurités.
Un montage non-linéaire unit les mémoires de ces
hommes dans un tout agréable et cohérent. Le film tire sa force d’une série de
performances solides entremêlées dans une série de souvenirs qui n’offrent que
des aperçus sur ces individus, mais qui sont faciles de venir compléter avec
les détails que l’on nous offre d’eux.

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