dimanche 11 octobre 2015

Louder Than Bombs

Directeur : Joachim Trier
Réalisé en 2015. Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=1-Yw5clD4yU
Synopsis : Un père et ses deux fils vivent le deuil de la femme qui les unissaient tous et tentent de reconnecter, quatre ans après sa mort.


Vu dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma 2015.
La mort est souvent abordée de l’angle du rapprochement. Lorsqu’un individu décède, les proches partagent ce deuil qui permet de vivre ensemble ce moment dur. Louder Than Bombs s’intéresse plutôt au trou béant que laisse un décès dans une famille. Quatre ans après le décès de la matriarche, cet événement a lancé les vies des membres de sa famille (son mari et ses deux fils) dans des directions distinctes qui ont de la difficulté à se retrouver dans leurs différentes façons de vivre le deuil.

Isabelle Reed (Isabelle Huppert) était une photographe de guerre reconnue et acclamée. Avec son emploi exigeant énormément de déplacements, le mélange entre la vie de famille et professionnelle était difficile et source d’insécurité pour la femme active. Malgré tout, elle arrivait à prendre une place significative dans la vie de chacun de ses « hommes » et laisse, dans le seuil de son décès, une famille fracturée. À l’aube d’un article et d’une exposition célébrant la vie et la carrière de son épouse, Gene (Gabriel Byrne) tente maladroitement de reconnecté avec ses deux fils et leurs vies qu’il perd de plus en plus de vue. À travers cette période difficile, le scénario explore leurs vies et leurs rapports autant les uns aux autres qu’à leurs souvenirs.

À travers les différentes perspectives, nous apprenons à connaitre Isabelle, cette femme plus grande que nature et ses relations avec ceux qui, il serait facile d’assumer, la connaissent le mieux. Gabriel Byrne joue le père avec une grande dignité, mais qui n’hésite pas à baisser ses défenses pour reconnecter avec son fils adolescent et sa maladresse bien intentionnée attendri grandement un personnage qui aurait pu paraitre autoritaire.

Son fils cadet est interprété par Devin Druid, qui pousse parfois un peu trop loin son rôle d’adolescent introverti, mais termine son arche avec une scène sensible qu’il aurait pu facilement faire rater. Dans le rôle de l’ainé prodige qui termine son doctorat nous avons Jesse Eisenberg, valeur sure dans la catégorie des verbomoteurs aux allures impeccables qui dissimulent les insécurités.

Un montage non-linéaire unit les mémoires de ces hommes dans un tout agréable et cohérent. Le film tire sa force d’une série de performances solides entremêlées dans une série de souvenirs qui n’offrent que des aperçus sur ces individus, mais qui sont faciles de venir compléter avec les détails que l’on nous offre d’eux. 

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