vendredi 24 juillet 2015

Synchronicity

Directeur : Jacob Gentry
Réalisé en 2015. Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=zmLZY1UDO1Q
Synopsis : Un homme obsédé tente de débloquer les mystères du voyage dans le temps.
Vu dans le cadre de Fantasia 2015.


Un grand nombre de scénarios utilisent le voyage dans le temps sans toujours s’intéresser aux retombées logistiques et aux véritables implications d’une telle technologie. Synchronicity reflète un travail de pré-production réfléchi et soigné qui incite une grande confiance de la part de son public. Ce détail est crucial lorsqu’on parle d’un scénario aux multiples niveaux si complexe très exigeant, mais lorsque le pari est réussi, nous sommes prêts à faire notre part du boulot.

Lorsque ce qui nous rencontre à mi-chemin est si accompli, l’engagement et les réflexions subséquentes viennent d’elles-mêmes et créent une expérience complète et satisfaisante. Un résumé de base ne ferait pas justice à l’histoire puisqu’un homme qui tente de faire fonctionner une machine à voyager dans le temps peut faire office de sommaire, mais l’intrigue plonge beaucoup plus loin, dans une toile de croisements résultants d’un développement qui se passe au tiers du film- et ne devrait donc pas être révélé ici.

Disons simplement qu’après une première tentative d’ouverture du portail temporel en ouverture, une étrange plante rare se retrouve soudainement dans le laboratoire et les choses deviennent de plus en plus complexes. Puisque toutes les clés ne sont pas offertes immédiatement, la première partie du film préfère lancer plus de questions sans tout de suite y répondre, ce qui engendre une certaine confusion. Cela fait d’un impénétrable premier acte, mais les choses se places rapidement. Encore une fois, c’est une question de confiance.

Le travail de montage, du réalisateur lui-même, guide avec grande efficacité le public et permet de conserver un semblant de cohérence dans une intrigue qui, dans d’autres cas, deviendrait rapidement chaotiques et volontairement obtuse. De plus, l’insertion d’images surréelles aux moments spécifiques rajoute à l’ensemble très puissant et vertigineux.

À travers sa réalisation, Jacob Gentry maitrise parfaitement son univers claustrophobe, froid et inhumain. Dans la grande lignée des films noirs aux citées anonymes et oppressantes, tels Dark City ou Se7en, une véritable personnalité est donnée au film avec un minimum de moyens, détail loin d’être évident lorsqu’on regarde le produit fini. Lorsque l’air n’est pas plein de brume, il fait quand même nuit et lorsqu’il fait jour, il fait nuageux et gris.

Comme tout film noir qui se respecte, l’intrigue tourne autour d’une femme fatale et dans ce cas-ci, elle se révèle être la pièce maitresse du film. Débutant comme un simple archétype, les couches se retirent progressivement et on apprend de mieux en mieux à connaitre cette femme mystérieuse qui vit sa propre aventure en parallèle à celle du héros. Même si leur attirance se développe brusquement, les moments finaux rachètent ce qui donnerait l’impression d’être une romance obligatoire dans un autre film.

Synchronicity explore une relation de couple de plusieurs facettes, aux nombreuses versions et réussit à créer un film en grand hommage aux histoires de voyage dans le temps et aux films noirs tout en utilisant des éléments de façon subversive pour créer une expérience distincte et complète. 

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