Directeur : Takashi Miike
Réalisé en 2014. Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=OEh1fT1IH14
Synopsis : des écoliers doivent traverser une série d'épreuves mortelles pour devenir les "enfants de Dieu."
Vu dans le cadre de Fantasia 2016.
Il y a deux ans, Takashi Miike présentait à Fantasia The Mole Song : Undercover Agent Reiji,
une comédie qui, après un premier acte incroyable en énergie et en surprises, s’est
essoufflée rapidement. Lorsque As the
Gods Will s’est ouvert sur une séquence qui m’a bouche-bée presque
instantanément, je craignais une répétition de l’expérience. En ayant mis la
barre aussi haute dès les premières minutes, j’étais certain qu’il ne pourrait
soutenir ce rythme. J’étais si heureux d’avoir tort : As the Gods Will est un pur plaisir du début à la fin.
Sans jamais trop offrir de contexte clair, une force
supérieure (Dieu? Des extraterrestres?) débarque sur la planète pour kidnapper tous
les écoliers et leurs imposer une série de jeux de gamins aux enjeux mortels.
Chacun des jeux fonctionne selon des règles simples et permettent à Miike de
vraiment mettre de l’avant ses talents de tension qui entremêlent parfaitement
le plaisir viscéral et le gore. Il est clair que ce réalisateur vit pour faire
réagir son public et As the Gods Will est
construit du début à la fin pour autant stresser qu’exciter la foule. Le design
légèrement faux de chacune des « créatures » utilisait à son avantage
la Uncanny Valley, amenant un côté encore plus effroyable et inhumains aux
épreuves.
Avec un groupe d’adolescents en son centre, le drame concerne
surtout des décisions à vif et relations amoureuses qui sont toujours simple,
mais tellement efficaces. Ainsi, les dynamiques dans un groupe dont les joueurs
changent constamment restent toujours fraîches et distrayantes. Ce film fait (encore,
comme on le voit souvent à Fantasia) usage d’un impressionnant mélange des
tons, créant des moments aussi comiques que terrifiants - comme une situation
de vie ou de mort à laquelle réagit un poisson de bois gémissant au sol.
Le contexte n’est jamais clairement expliqué et la
finale soulève énormément de questions juste pour le plaisir, mais le manège
parfaitement guidé fonctionne malgré cette confusion. Au final, l’ambiance
électrique sans une seconde de répit est un pari risqué, mais réussit. Les quelques
détours inexplicables ne sont pas assez long pour vraiment faire du mal au
film. Somme toute, la combinaison du film et de la foule (en bonus la présence
de Takashi Miike dans la salle) ont fait de ce film mon expérience la plus
glorieuse du festival cette année.

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