Director : Richard Bates Jr.
Réalisé en 2014. Avec : Matthew Gray Gubler (Raymond), Ray Wise (père trou-du-cul), Kat Dennings (Becca) et Mel Rodriguez ("you can keep the students from getting a nasty boo-boo").
Vu dans le cadre de Fantasia 2014.
Trailer : https://www.youtube.com/watch?v=vPqCIzqFzYA
L’ouverture
de Blue Velvet de David Lynch nous
introduit à une banlieue idyllique, colorée, aux couleurs vives de l’Amérique.
Mais cette façade cache quelque chose de dangereux, de malsain, une bestiole
qui se terre dans les bas-fonds de l’image que l’endroit projette et le
parasite. Cette séquence me revenait souvent à l’esprit pendant Suburban Gothic, une banlieue
représentée avec une image colorée et pleine de vie, qui cache quelque chose de
sombre et gangreneux. Sauf qu’au lieu d’un criminel étrange aux pratiques
sexuelles malsaines, Suburban Gothic nous
offre une histoire de fantôme et une relation père/fils qui agit comme un
boulet métaphorique pour le protagoniste.
L’histoire
de fantôme ne pourrait pas être plus conventionnelle. Mais elle sert vraiment
de toile de fond à la relation centrale entre le protagoniste (Raymond) et son
père (Donald), deux personnes qui pourraient difficilement être plus opposées.
Suite à la perte de son emploi, Raymond doit retourner vivre chez ses parents
en banlieue, un père raciste, homophobe et intolérant. Par contre, Raymond est « spécial »,
durant sa jeunesse il pouvait communiquer avec les esprits et s’habille
maintenant avec des « european approach to fashion », faisant de lui
un marginal progressiste qui donne froid dans le dos à son père.
L’histoire
de fantôme à juste assez de place et d’importance dans l’histoire pour ne pas
qu’elle devienne ennuyeuse, puisque celui qui a écouté plus d’une saison de Supernatural voit venir chaque
développement gros comme un camion (et même sans avoir écouté Supernatural, puisque je ne vais pas
faire comme si c’était une série avec des super cotes d’écoute). Mais la vraie
force du film vient des interactions entre les acteurs qui sont tous des
talents comiques. Matthew Gray Gubler, dont j’ignorais l’existence avant de voir
un programme double le mettant en vedette*, est un parfait mélange de sarcasme,
de présence d’esprit et de névrosé qui rend son personnage amusant sans trop le
déconnecté du film. Ray Wise est une étrange figure d’autorité qui joue bien
avec Gubler, puisqu’il n’y a aucun sarcasme ou détour dans ses paroles, il est
direct et insultant en surface, il porte ses sentiments bien en vue. Kat
Dennings a un plus petit rôle que ce que l’on pourrait croire, mais nous
rappelle les raisons qui font de Darcy le personnage le plus mémorable de Thor (seulement à moitié une blague). Et
pleins de petits personnages secondaires qui encadrent cette histoire avec
beaucoup de talent!
En
conclusion, Suburban Gothic est à son
meilleur lorsque les acteurs peuvent s’amuser et s’insulter et injecter
beaucoup d’humour de leurs confrontations. Lorsque l’intrigue paranormale prend
place, elle permet quelques gags, mais est trop conventionnelle pour vraiment
laisser de marque.
*et j’ai
découvert du même coup qu’il semblait avoir un groupe de fans très vocaux et
dévoués.


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