mercredi 23 juillet 2014

Cold in July

Director : Jim Mickle
Réalisé en 2014. Avec : Michael C. Hall (qui ment encore à sa douce moitié! quand va-t-il apprendre?!), Sam Shepard (Russell, qui est assez en colère) et Don Johnson (Jim Bob Luke!)
Vu dans le cadre de Fantasia 2014.
Trailer : https://www.youtube.com/watch?v=XkyuV69YZcM


Cold in July débute de façon conventionnelle, nous préparant ainsi pour un film typique de harceleur maniaque qui sera une menace pour la maisonnée de Richard, un homme de banlieue qui ne veut que protéger sa famille. Par contre, un ou deux revirements font que le film nous surprend sans arrêt et contourne nos attentes avec malice, injectant de la vie dans ce thriller qui semblait ennuyeux de prime abord.

Richard Dane est un banlieusard ordinaire, il vit avec sa femme et son jeune fils, bien tranquille. Jusqu’au jour où un intrus entre dans sa maison et Richard, fébrile, le descende par balle. La police ramasse le corps, le couple nettoie la maison et tous continuent à vivre leur vie, sauf Richard qui a de la difficulté à se remettre de la fois où il a tué un individu. Il décide d’aller aux funérailles du pauvre cambrioleur (qui se passent devant une foule constituée uniquement de son père vengeur) et se ramasse avec un maniaque sur le dos qui lui en veut pour la mort de son fils.


Je vais arrêter de parler de l’histoire à ce point puisque toutes les étapes étaient prévisibles pour moi jusqu’à ce point et un plaisir du film est de découvrir ce qui est à venir, puisque avec la mise en situation, je n’étais pas nécessairement prêt à la finale qui nous a été offert (et c’est une bonne chose). Le film navigue les tons d’une bonne façon, enchaînant une scène comique d’un moment horrible, mélangeant violence cathartique et tension émotionnelle lors du climax.

Je vais mettre Cold in July dans ma nouvelle classification cinématographique des films de « péquenauds » (le meilleur équivalent francophone pour « rednecks »). Tout ce que je vais dire ne doit pas être vu avec une connotation négative, mais ce genre de film implique souvent une intrigue banlieusard, des forts accents (pas nécessairement du Texas, puisque je considère Le Neg’ comme une forte entrée dans le genre), un shérif et des gens qui prennent des décisions sans vraiment trop réfléchir. Les films de « péquenauds » impliquent souvent des gens qui entreprennent quelque chose qui serait souvent considéré comme un peu idiot, mais les résultats ne sont pas toujours négatifs. Il y a de fortes implications de paranoïa, de justicier qui prend les choses en main et d’une déconnexion avec le système comme nous y sommes habitués. Tout cela pour dire que Cold in July est un film solide dans ce genre.


Le jeu du trio principal est une force du film. Michael C. Hall, qui est à son meilleur dans des rôles plus subtils. Il joue ici le père de famille tourmenté avec plusieurs problèmes personnels qui s’occupe de la première partie du film, mais lorsque Don Johnson entre dans le film, il prend un peu de recul pour laisser de la place au couple de vieux amis. Johnson est un secret caché du film qui a un jeu énorme, amenant les scènes les plus comiques du film avec lui (allégeant un film qui était, avant son arrivée, très sérieux et lourd) et ayant le gravitas pour les moments plus lourds. Sam Shepard a un rôle moins marquant, mais il accomplit son rôle de façon admirable, un solitaire stoïque tourmenté et aigrit.


En conclusion, Cold in July est un thriller « péquenauds » bien exécuté, bien joué, avec une structure qui est assez différente pour ne pas être totalement prévisible, avec un ou deux revirements qui explorent des avenues intéressantes de la psyché des divers « types » de péquenauds.

MUK

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