Les premiers épisodes de
saisons de GoT doivent toujours
lutter avec l’obligation de mettre leur auditoire à jour et placer les pions
sur l’échiquier de Westeros. L’ouverture de la saison 5 mélange cette
obligation avec une certaine thématique, traitant des retombées de la finale de
l’an dernier (qui était entièrement à propos d’une jeunesse qui prenait sa
place) et des perspectives d’avenirs. Après une saison remplie de moments
forts, de chocs et de points culminants, la suite ne peut que ramasser les
morceaux et tenter d’aller de l’avant.
Nous avons eu droit au
premier « flash-back » de la série comme ouverture de saison, donnant
le ton à un épisode qui, par fonction, se doit de mettre de l’avant le passé
afin de mettre en place les enjeux qui se dérouleront tout au long de la
saison. Daenerys fut forcée d’enfermer ses enfants et maintenant devra
affronter une rébellion armée et active qui la perçoit comme faible. Tyrion a
exécuté son père et fait face à l’exil, dépourvu de tout ce qui lui permettait
de transcender son statut de nain (lire monstre) aux yeux de la société
(argent, nom de famille). Jon et la Garde de la Nuit ont acceptés l’aide de
Stannis, mais se retrouvent dans une situation inconfortable d’allégeance à un
homme ambitieux de reprendre le Nord. Cersei, vaniteuse et irréfléchie, voulu
se confirmer un avenir de royauté et de luxe et n’obtint qu’un immortelle paranoïa,
puisque n’y aura-t-il pas toujours une plus jeune et jolie? Que ce soit
Margaery ou autre. Faute d’avoir un épisode particulièrement satisfaisant, il
mettait très clairement en place les rails pour les développements futurs (qui
n’arrivent généralement pas avant le 3e ou 4e épisode).
Toute cette gravité était
tempérée par des moments géniaux d’humour qui sont devenus une des signatures
de la série, que ce soit dans les échanges entre Tyrion et Varys que les mises
en scènes malignes (les éloges de Loras envers Tywin pendant qu’elle observe
sournoisement son fils étaient particulièrement tordantes). Tyrion a peut-être
perdu un compagnon de joutes verbales cocasses en la personne de Bronn, mais je
suis très excité à l’idée de le voir interagir encore plus avec Varys, avec la
même dose de réparti et le double de l’optimisme! Tyrion qui doit, dans cet
épisode en cure de désintoxication symbolique, retrouver une raison de se
battre maintenant qu’il se retrouve avec rien d’autre que son charisme, son
réalisme et son alcoolisme, renforçant cette idée de réconciliation du passé
pour l’avenir.
La finale offrait un
moment sombre qui concordait avec l’ensemble de la série, mais avec une once d’espoir.
La souffrance de Mance au bucher nous rappelait encore une fois ce que l’honneur
donnait réellement lorsque confronté aux dures réalités de la vie (Ned, Robb et
Oberyn en savent quelque chose). Tous parlent de dignité, d’honneur, d’apparat
et d’idéaux, mais lorsque confrontée à un ennemi déterminé qui, tel le feu,
consume tout sans se soucier des cris de douleurs, les belles paroles et nobles
intentions ne permettent qu’une défense concrète minimale (comme distillé ici àl’essentiel par Betty White). Par contre, lorsqu’un geste de compassion d’un cœur
empathique permet cette dignité, il redonne un soudain espoir et démontre que
cette honneur et idéale prend tout son sens lorsqu’elle est perçue. D’ailleurs,
une main d’applaudissements pour Jon Snow qui a eu besoin de 3 saisons
ordinaires pour finalement prendre la place du protagoniste qui lui est
construite. Sa place dans le tableau d’ensemble se concrétise encore plus
lorsqu’on réalise que 95% des qualités que Varys donnait à Daenerys étaient applicables
à Jon.
MUK
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Selon mes quelques
connaissances en matières de révisions télévisuelles, les gens se réservent une
section pour des commentaires diverses et remarques distrayantes, donc les
voici :
- Emilia Clarke continue d’être une des meilleures parties de cette émission en démontrant encore une fois l’étendue de son jeu, jouant la subtile vulnérabilité qu’elle ne se permet d’avoir que lorsque seule avec Daario ou ses enfants. Elle montre clairement la ligne entre sa personnalité en privée opposée à celle en public qui ne peut se permettre d’avoir une quelconque faiblesse.
- « I’m no politican, I’m a queen » et elle n’arrête pas avec les grandes phrases évocatrices sur un ton qui déchire et qui sont si facilement dignes d'être citées.
- Nudité étonnamment équilibrée, avec beaucoup de derrières masculins! Mais encore très peu de pénis.
- Le retour de Lancel Lannister! (« What a stoupid name! »)
- Première échange entre Tyrion et Varys : blagues de défécations.
- « Things have gotten worse, not better » Varys qui met carte sur table les enjeux de la saison. Voulons-nous aller de l’avant ou rester coincé dans les maux du passé?

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