dimanche 3 avril 2016

Un paradis pour tous

Directeur : Robert Morin
Réalisé en 2015. Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=vz4IZ7vFrHM
Synopsis : un homme aigri navigue les dédales des finances pour construire un guide sur l'évasion fiscale.

Par où commencer avec Un paradis pour tous? Son format? Son sujet? Son humour absolument irrévérencieux? Son acteur principal qui interprète plus d’une trentaine de personnages différents? Son absence totale de subtilité? Robert Morin essaie d’accomplir tant avec ce film qu’il est évident qu’il n’atteindra pas tous ses objectifs. Par contre, avec tant d’arrogance et de courage exposé à l’écran, on ne peut s’empêcher d’admirer le résultat final. Avec une durée de 70 minutes, le film ne pourrait pas être une seule minute de plus ou il serait trop long. En si peu de temps, il réussit quand même à regrouper à peu près tous les tabous sociaux.

Robert Morin et Stéphane Crête sont partis sur un trip. Ils ont voulus dénoncer les paradis fiscaux et pour ce faire ont décidés de donner la leçon d’économie la plus choquante et dynamique qui soit afin de capter l’attention. En intégrant une vague intrigue dans un format qui n’a pas de bon sens, ils peuvent ainsi souligner l’absurdité d’une société qui accepte que ces pratiques prennent place en son sein, mais soulève les armes lorsque le bon goût est attaqué. Buster (Stéphane Crête) a servi le système en place pour l’entièreté de sa carrière et après s’être fait montrer la porte pour son trop fort sens de la justice, il se retourne contre le système en place et cherche à créer un guide pratique de Paradis Fiscal 101 pour le citoyen moyen.

Il part donc avec son ambition, une caméra et aucun ami pour interpréter un quelconque rôle dans son film. Il doit donc jouer l’ensemble des personnages à l’écran, et aussi intelligent en finance soit-il, il n’est pas au goût du jour sur ce qui se fait et ne se fait pas culturellement parlant. Chacune des nationalités différentes (et il y en a beaucoup) est interprétée par la caricature raciste la plus grossière qui soit. Il pousse aussi sans arrêt son concept d’acteur unique, jusqu’à y intégrer une fusillade et une poursuite. Il va jouer avec la forme du film des premiers plans jusqu’au générique final qui défile de façon à mettre de l’avant les postes qui n’étaient pas tenus par les 2 têtes d’affiches (Morin et Crête).

Comme il est facile de se l’imaginer, certains éléments fonctionnent moins bien que d’autres et les derniers retournements veulent s’assurer que chaque personne sera choquée d’une façon ou d’une autre. Considérant le format déjà précaire, il est possible que certains tombent du bateau à mesure qu’il avance, mais cela ne rend pas l’expérience moins distrayante dans son ensemble. La simple constatation que « Oh mon dieu… ils sont allés jusque-là » devant un objet aussi original et créatif est une expérience si rare qu’il est difficile de ne pas la recommander.

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