Directeur : Nicholas Stoller
Réalisé en 2016. Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=X2i9Zz_AqTg
Synospsis: Un couple veulent vendre leur maison, mais une sororité emménage dans la maison d'à côté, compliquant grandement les choses!
Neighbors était une agréable surprise, se présentant sous les
guises d’une grossière comédie de Seth Rogen pour se révéler avoir un bon cœur
et de l’empathie envers ses divers personnages. Les scénaristes ont pris la
sage décision de ne pas réellement créer d’antagoniste, mais plutôt confronter
deux camps avec leurs propres justifications et motivations auxquels il est
possible de s’identifier.
Malgré tout, l’aspect le plus mémorable fut leur
approche au personnage de Rose Byrne, qui ne laissait pas sa place au niveau
comique. Elle était aussi stupide et motivée que son mari, ce qui était
rafraichissant, dans un monde où la femme dans une comédie existe généralement
pour réprimander l’homme/héro et le ramener à l’ordre (i.e. : l’empêcher
d’avoir du plaisir). Sa place dans la guerre créait du même coup un couple
encore plus uni, renforçant notre attachement aux parents.
Arrive Neighbors
2 : Sorority Rising, qui de prime abord semble annoncer une banale répétition
du premier film (la même intrigue, mais avec une sororité cette fois!)
Toutefois, comme son prédécesseur, il se révèle être beaucoup plus. En
récupérant leur concept, mais en réorientant leur propos vers le féminisme
discret du premier qui a fonctionné à merveille, ils ont créés l’une des
comédies les plus nonchalamment progressiste des dernières années (dans la
veine de Magic Mike XXL*).
La nouvelle lutte contre un groupe de collégiens n’est
pas qu’une simple copie, mais s’inscrit comme un nouveau chapitre dans la vie
de chacun de ces personnages. Nous ne sommes pas revenus au point de départ en termes
d’évolution pour s’assurer d’avoir la copie la plus fidèle possible du premier.
En 2014, Mac (Rogen) et Kelly (Byrne) devaient mettre derrière eux leur mode de
vie pré-parental pour aller de l’avant. Maintenant, leur fille grandit et ils doivent
apprendre leurs premières leçons parentales concrètes à travers leurs divers
« enfants » de substitution qui les entourent.
Fidèle au premier volet, la sororité n’est pas une
simple force antagoniste, mais a droit à son lot de caractérisation, forgeant
une amitié agréable que l’on peut tout autant soutenir que nous pouvons
encourager les protagonistes. Chloë Grace Moretz nous offre son premier rôle
qui risque de lui offrir une place concrète dans la culture populaire en dehors
de « celle qui jouait dans Kick-Ass ».
Le contre-parti d’un nouveau groupe de personnages, c’est que le scénario doit
servir plus d’intrigues, ce qui fait que les nouveaux venus y perdent au change,
surtout par rapport aux garçons du premier. Elles se voient offrir quand même
plusieurs opportunités comiques qui les mettent à la hauteur des adultes à qui
ils ont affaire.
Si on avait dit à Olivier-au-secondaire qu’il y aurait
une période de ma vie où j’aimerais autant Zac Efron, j’aurais probablement
rétorqué d’un commentaire rétrograde homophobe (comme le font les jeunes). Mais
le retour de Teddy Sanders (Efron) est aussi essentiel à cette franchise que le
couple protagoniste. Il égalise Rose Byrne en termes de MVP pour ce second
volet et amène tant de nuance à un personnage qui pourrait être
un simple gag facile sans profondeur. Sa quête si simple de raison d’être dans un
monde qui évolue sans lui est si identifiable et il y amène tout le senti
nécessaire.
Neighbors 2 est une
amélioration de son prédécesseur à presque tous les niveaux. Nous ne sommes pas
dans le réchauffé rafistolé pour faire quelques dollars faciles, mais dans une
comédie féministe aussi drôle qu’intelligente qui se sert de sa plateforme pour
mettre de l’avant un propos concret à son public. Tel un cheval de Troie
progressiste, il attire d’abord son public avec des promesses d’humour vulgaire
pour libérer une armée d’idée modernes! Et il livre aussi la marchandise en termes
d’humour vulgaire! Tout le monde gagne!
*Jeu de mot intentionnel.

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