Directeurs: Duke Johnson et Charlie Kaufman
Réalisé en 2015. Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=DT6QJaS2a-U
Synopsis : un homme (David Thewlis) est sans arrêt confronté à sa vie sans saveurs, jusqu'à ce qu'il rencontre une femme unique (mais intéressant).
Comme le format utilisé pour The Hateful Eight (du 70MM pour un film principalement situé dans
une seule pièce?), l’animation en image-par-image d’Anomalisa risque d’être un point d’interrogation pour le public.
Pourquoi utiliser un médium aussi exigeant pour raconter un drame avec des
humains aux allures réalistes situé presque exclusivement dans un hôtel? En
évitant d’en révéler trop, il devient assez rapidement clair que cette histoire
n’aurait pu fonctionner d’aucune autre façon, faisant un des usages les plus
intelligents de ses marionnettes qu’il m’ait été donné de voir dans ce style de
film. Le format vient compléter un scénario très humain, parlant d’amour et de
mélancolie avec beaucoup de maturité (et juste une touche de cynisme).
Michael Stone (David Thewlis) passe une seule journée à
Cincinnati pour donner une conférence sur le service à la clientèle. Sa soirée
à l’hôtel s’annonce triste et morne (comme le reste de sa vie apparemment)
jusqu’à ce qu’il décide d’appeler une ancienne flamme qui habite dans le coin.
Cet homme, au bord du désespoir, entame ainsi une soirée en quête d’amour, ou
du moins ce qu’il en comprend. Le médium est utilisé d’une telle façon qu’il
peut construire une représentation extrêmement originale du coup de foudre, ce
sentiment de tomber face-à-face avec une personne qui est réellement différente
du lot, d’une façon incompréhensible et magique.
Les voix des deux acteurs principaux habitent le film
avec tant d’humanité qu’il est parfois facile d’oublier que nous ne regardons
pas des humains lorsqu’ils sont seuls à l’écran. En quelques scènes, David
Thewlis et Jennifer Jason Leigh construisent une vie complète à ce couple aléatoire
et donnent autant d’intimité que d’ampleur à cette soirée qu’ils passent
ensemble. Leigh interprète, a cappella, Girls
Just Wanna Have Fun dans un moment d’une beauté et d’une force digne de On ne change pas dans Mommy. Le design des marionnettes est
utilisé pour supporter l’humanité du duo, avec des corps aux imperfections qui amènent
un réalisme que l’on voit rarement à Hollywood.
Selon votre identification personnelle, ce film sera
extrêmement cynique ou juste assez optimiste. Il retourne sur lui-même le
scénario classique d’un homme qui a perdu goût à la vie jusqu’à ce qu’il rencontre
LA personne (sa « Manic Pixie Dream Girl ») et souligne ce que cette
situation implique réellement dans son cas. Ce film touchant, avec juste assez
d’humour, plonge au cœur de sentiments si simples qui semblent malheureusement
échapper à tant.

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